Cette expression tres imagee decrit un ressentiment profond et durable, souvent lie a une offense ou un tort subi. Elle implique que la rancune est conservee, entretenue et ravivee, comme si l'on gardait vivant le souvenir d'un affront. L'usage du terme 'chien de sa chienne' renforce l'idee d'une animosite personnelle et tenace, presque viscerale.
L'origine de cette expression remonte au Moyen Age, dans un contexte rural ou la possession d'un chien de garde etait cruciale pour la protection des biens et des troupeaux. Un 'chien de chienne' designait a l'epoque un chien ne de sa propre chienne, donc eleve 'en interne', particulierement fidele et farouche dans la defense de son maitre et de son territoire. Garder un tel chien contre quelqu'un signifiait metaphoriquement entretenir une mefiance et une hostilite aussi vigilantes et personnelles que celles de cet animal. L'expression s'est figee entre le XVIe et le XVIIe siecle, periode ou de nombreuses locutions animalieres se sont implantees dans la langue francaise. Elle est attestee dans des textes du XVIIIe siecle, notamment dans un contexte de querelles villageoises ou de rivalites familiales, illustrant des conflits durables. Le sens a evolue pour se concentrer sur la rancune plutot que sur la simple mefiance, mais l'image d'une animosite domestiquee et entretenue avec soin est restee intacte.
Exemple 1: Depuis leur desaccord sur l'heritage, il lui garde un chien de sa chienne.
Exemple 2: Le manager a licencie Paul il y a dix ans, et ce dernier lui garde toujours un chien de sa chienne.
Exemple 3: Tante Lucie garde un chien de sa chienne a son frere depuis l'histoire du vase casse dans leur enfance.
Exemple 4: Ce n'est pas une simple mefiance, c'est une veritable rancune: il lui garde un chien de sa chienne.
Exemple 5: - Pourquoi il ne te salue jamais? - Ah, je lui ai fait une remarque il y a des annees, et il m'en garde un chien de sa chienne.
