Cette expression decrit un etat d'epuisement total, qu'il soit physique, nerveux ou psychologique. Elle implique que la personne a epuise toutes ses reserves d'energie, de patience ou de moyens. On l'emploie aussi pour signifier qu'on arrive a la fin de quelque chose, comme une periode difficile ou des ressources materielles.
L'origine de cette expression remonte au XIXe siecle et est liee a la vie quotidienne de l'epoque. Elle trouve sa source dans deux objets courants: le rouleau de papier et la bobine de fil. Au sens propre, 'etre au bout du rouleau' signifiait avoir utilise tout le papier d'un rouleau (pour les ecrits ou le papier hygienique) ou avoir termine une bobine de fil (pour les couturieres). Cette image concrete de quelque chose qui s'acheve a ete transposee metaphoriquement a l'etre humain. L'expression s'est popularisee a la fin du XIXe siecle, parallelement a la democratisation du papier en rouleau et a l'industrialisation de la production textile. Elle s'inscrit dans un contexte ou les objets du quotidien devenaient des references partagees. Le sens metaphorique d'epuisement s'est impose progressivement, d'abord pour decrire l'epuisement materiel, puis l'epuisement physique et moral. L'expression est attestee dans la litterure populaire des annees 1880-1890, notamment dans des romans naturalistes decrivant la fatigue des classes laborieuses.
Apres cette semaine de travail intense, je suis vraiment au bout du rouleau.
Le projet a epuise toutes nos reserves financieres, nous sommes au bout du rouleau.
Avec les nuits blanches pour s'occuper du bebe, les jeunes parents sont au bout du rouleau.
Il n'est pas seulement fatigue, il est au bout du rouleau, il a besoin de vraies vacances.
- Tu vas bien? Tu as une mine affreuse. - Non, je suis au bout du rouleau, je n'en peux plus.
