Cette expression signifie admettre ses erreurs de maniere publique et formelle, souvent avec humilite et solennite. Elle implique plus qu'une simple excuse: c'est un acte de contrition destine a restaurer son honneur ou sa reputation apres une faute grave. L'expression connote une dimension ceremonielle et une volonte de reparation morale.
L'expression 'faire amende honorable' trouve ses racines dans le droit medieval et canonique francais des XIIIe-XIVe siecles. A l'origine, c'etait une peine infamante prononcee par les tribunaux d'Eglise ou seculiers. Le condamne, souvent torse nu, pieds nus et une corde au cou, devait se presenter devant l'eglise ou le lieu du delit, une torche allumee a la main, pour confesser publiquement sa faute et demander pardon a Dieu, a la justice et aux victimes. Cette ceremonie humiliante, appelee 'amende honorable', etait une alternative ou un complement a des peines corporelles ou pecuniaires. Elle visait a la fois a punir, a expier et a reconcilier le coupable avec la communaute. Avec le temps, notamment a partir du XVIIe siecle, l'expression a quitte le strict cadre judiciaire pour entrer dans le langage courant, designant metaphoriquement tout acte de contrition publique et solennelle. La dimension de humiliation punitive s'est estompee au profit de celle de la reconnaissance volontaire des torts pour retablir l'honneur.
Apres avoir diffuse de fausses informations, le journaliste a du faire amende honorable en premiere page de son journal.
Le PDG a fait amende honorable devant ses actionnaires pour les mauvais resultats de l'entreprise.
Tu as vraiment blesse tes parents; il faudrait que tu leur fasses amende honorable.
Il a fait plus qu'excuser son erreur, il a veritablement fait amende honorable lors de la reunion d'equipe.
- J'ai realise que j'ai eu tort de douter de toi. - Dans ce cas, une simple amende honorable suffira!
