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Demain, dès l'aube

Par Victor Hugo

Les Contemplations (1856)

PoésieLe deuilL'amour paternelLa nature
2 min de lecture 96 mots

Extrait

Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends. J'irai par la forêt, j'irai par la montagne. Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées, Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit, Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées, Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe, Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur, Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Résumé IA

Le poète annonce son départ au petit matin pour un long voyage à travers la campagne. Il marchera sans rien voir ni entendre, seul et courbé, le regard tourné vers ses pensées. Il arrivera enfin au lieu de son pèlerinage : le cimetière où repose sa fille bien-aimée, pour y déposer un simple bouquet de houx et de bruyère.

Contexte historique

Ce poème appartient au livre IV des "Contemplations", intitulé "Pauca meae". Il est dédié à Léopoldine Hugo, fille du poète, morte noyée en 1843. Écrit en 1847 mais publié en 1856, il exprime le deuil et le pèlerinage du père vers la tombe de son enfant.

Vocabulaire clé

aube/ob/
demeurer/də.mœ.ʁe/
courbé/kuʁ.be/
houx/u/
bruyère/bʁɥi.jɛʁ/
Littera