Cette expression décrit une situation qui se dégrade lentement mais sûrement, comme un bateau qui dériverait au gré du courant. Elle s'applique à des projets, des entreprises, des relations ou des états qui perdent de leur vigueur et finissent par échouer. Elle évoque une perte de contrôle, une descente inéluctable vers un échec ou une ruine, souvent par manque d'efforts ou de direction.
L'origine de cette expression est maritime et remonte au Moyen Âge. "Vau" est une ancienne forme de "val" (vallée), et "à vau-l'eau" signifiait littéralement "à val l'eau", c'est-à-dire "en suivant le courant vers l'aval". Elle décrivait initialement un bateau qui, sans gouvernail ou sans rameurs, dérivait au fil de l'eau, souvent vers sa perte. Au fil des siècles, cette image concrète a été transposée métaphoriquement pour décrire toute chose qui se défait ou échoue. L'expression est attestée dans des textes français depuis le XVIe siècle.
Sans investissement, notre projet risque d'aller à vau-l'eau.
Depuis leur dispute, leur amitié est allée à vau-l'eau.
— Comment va l'entreprise ? — Malheureusement, elle va à vau-l'eau.
Faute d'entretien, le vieux château est allé à vau-l'eau.
Il a laissé ses études aller à vau-l'eau pour se consacrer à la musique.
