Cette expression argotique et imagée qualifie une personne d'une grande bêtise ou d'une obstination intellectuelle. Elle suggère que l'esprit est "bouché" par quelque chose d'aussi dur et abrasif que l'émeri, empêchant toute idée de passer. Elle insiste sur l'incapacité à raisonner ou à saisir des évidences, souvent avec une connotation frustrée ou moqueuse.
L'origine remonte au début du XXe siècle, dans le langage populaire et ouvrier. L'émeri, une poudre abrasive très dure utilisée pour polir ou décaper, symbolise ici une obstruction mentale totale. L'image évoque un esprit si obstrué que même les pensées les plus simples ne peuvent le traverser. L'expression s'est diffusée via les milieux artisanaux et industriels avant d'entrer dans l'argot général.
Il n'a toujours pas compris la consigne, il est vraiment bouché à l'émeri.
Arrête de lui expliquer, il est bouché à l'émeri, il ne capte rien.
Pour rater un truc aussi simple, faut être bouché à l'émeri !
Mon frère est bouché à l'émeri en maths, c'est désespérant.
— Tu as compris le plan ? — Non, désolé, je suis bouché à l'émeri aujourd'hui.
