Cette expression du ch'ti (parler picard du Nord) signifie être dans un état de fatigue extrême, complètement lessivé, souvent après un effort physique intense ou une longue journée de travail. Elle évoque une lassitude profonde, tant physique que morale. Elle est très imagée et expressive.
Le terme "boulégué" est typique du patois ch'ti. Il vient du verbe "bouléguer" (ou "bouliguer"), qui signifie "travailler dur, peiner, se donner beaucoup de mal". Ainsi, "être un boulégué" désigne littéralement "être quelqu'un qui a boulégué", c'est-à-dire qui s'est épuisé à la tâche. Cette expression reflète la culture ouvrière et agricole du Nord-Pas-de-Calais, ou le labeur était souvent intense.
Après sa double journée à l'usine et au jardin, il était complètement boulégué.
Je suis un boulégué, je vais me coucher tout de suite.
— Tu as l'air crevé ! — Boulégué, mon vieux, boulégué !
Les mineurs rentraient boulégués après le fond.
Ne lui demande rien, il est boulégué depuis son déménagement.
