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Le Corbeau et le Renard

Par Jean de La Fontaine

Fables (1668)

ConteFlatterieVanitéRuse
2 min de lecture 120 mots

Extrait

Maître Corbeau, sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage. Maître Renard, par l'odeur alléché, Lui tint à peu près ce langage : « Hé ! bonjour, Monsieur du Corbeau. Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau ! Sans mentir, si votre ramage Se rapporte à votre plumage, Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois. » À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie ; Et pour montrer sa belle voix, Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie. Le Renard s'en saisit, et dit : « Mon bon Monsieur, Apprenez que tout flatteur Vit aux dépens de celui qui l'écoute : Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute. » Le Corbeau, honteux et confus, Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.

Résumé IA

Cette fable met en scène un corbeau flatté par un renard rusé qui lui dérobe son fromage. Par la flatterie, le renard exploite la vanité du corbeau pour satisfaire son appétit. La morale rappelle que la vanité rend vulnérable aux manipulations des flatteurs.

Contexte historique

La Fontaine publie ses Fables sous le règne de Louis XIV, s'inspirant d'Ésope pour critiquer la cour et ses courtisans. Cette fable illustre les dangers de la vanité dans une société hiérarchisée où la flatterie est monnaie courante.

Vocabulaire clé

perché/pɛʁ.ʃe/
alléché/a.le.ʃe/
ramage/ʁa.maʒ/
plumage/ply.maʒ/
Phénix/fe.niks/
Littera