Aller au contenu principal

Proverbe français · Sagesse populaire

« La fortune passe et repasse. »

🔥 Sagesse populaire⭐ Niveau 2/5📜 Moyen Âge à contemporain💬 Littéraire et courant📊 Fréquence 4/5

La chance et la prospérité ne sont pas permanentes ; elles alternent dans la vie comme un cycle naturel, rappelant l'instabilité des succès humains.

Sens littéral : Le terme « fortune » désigne ici la richesse matérielle ou la chance, tandis que « passe et repasse » évoque un mouvement de va-et-vient, comme un voyageur qui traverse un lieu à plusieurs reprises. Littéralement, cela signifie que la prospérité circule, ne s'arrêtant jamais durablement en un point fixe.

Sens figuré : Figurativement, ce proverbe souligne l'alternance inévitable entre périodes de succès et d'échec dans la vie humaine. Il rappelle que la chance n'est pas un état permanent, mais fluctue au gré des circonstances, incitant à la modération dans les bons moments et à l'espoir dans les mauvais.

Nuances d'usage : Souvent employé pour tempérer l'orgueil en cas de réussite ou pour consoler en période d'adversité, il sert de leçon d'humilité et de résilience. Dans la culture populaire, il peut être cité pour relativiser les aléas économiques ou personnels, soulignant que rien n'est définitif.

Unicité : Ce proverbe se distingue par sa simplicité rythmique et son image cyclique, qui contraste avec d'autres maximes plus statiques sur la fortune. Il insiste sur la dynamique du changement plutôt que sur la fatalité, offrant une perspective à la fois réaliste et optimiste sur les vicissitudes de l'existence.

💡

Morale / leçon de vie

Cliquez pour révéler →

Ce proverbe enseigne que les hauts et les bas de la vie sont inévitables, invitant à cultiver la sagesse de ne pas s'attacher excessivement aux succès ni désespérer des revers. Il encourage une attitude équilibrée, où l'on accepte l'impermanence comme une loi naturelle, favorisant ainsi la sérénité face aux aléas du destin.

✨ Étymologie

1) Racines des mots-clés : L'expression pivote autour de deux termes essentiels. 'Fortune' provient du latin 'fortuna', déesse du destin et de la chance dans la mythologie romaine, représentée avec une roue symbolisant l'instabilité des biens terrestres. En ancien français (XIIe siècle), on trouve 'fortune' avec le sens de 'sort, destinée', puis 'richesse' par métonymie. 'Passe' et 'repasse' dérivent du verbe 'passer', issu du latin vulgaire 'passare', lui-même du latin classique 'passus' (pas). En ancien français, 'passer' signifiait 'franchir un lieu' (vers 1100), avec une évolution vers 's'écouler' pour le temps. 'Repasser' apparaît au XIIIe siècle avec le préfixe 're-' indiquant la répétition, formé sur le modèle de 'passer'. Ces racines latines illustrent une continuité sémantique remontant à l'Antiquité. 2) Formation de l'expression : Cette locution figée s'est constituée par analogie avec le mouvement cyclique, évoquant la roue de la Fortune médiévale, symbole de l'instabilité des biens matériels. Le processus linguistique principal est la métaphore : la fortune est personnifiée comme une entité qui traverse les vies humaines de manière répétée et imprévisible. La première attestation connue remonte au XVIe siècle, dans des textes moralistes de la Renaissance française, où elle apparaît dans des contextes didactiques pour illustrer la vanité des richesses. L'assemblage 'passe et repasse' crée un rythme binaire qui renforce l'idée de récurrence, typique des proverbes populaires de l'époque. 3) Évolution sémantique : À l'origine, l'expression avait une connotation moraliste et religieuse, soulignant la fugacité des biens terrestres dans une perspective chrétienne (vanitas vanitatum). Au fil des siècles, le sens a glissé vers une observation plus laïque et pragmatique de l'instabilité économique et sociale. Au XVIIIe siècle, avec les Lumières, elle prend une nuance philosophique sur le hasard et la mobilité sociale. Au XIXe siècle, elle entre dans le registre familier, perdant partiellement sa gravité initiale pour devenir une remarque désabusée sur les aléas de la vie. Aujourd'hui, elle conserve ce sens figuré, avec une portée universelle sur les revers de fortune.

Moyen Âge (XIIe-XVe siècle)La roue de Fortune médiévale

Au Moyen Âge, l'expression puise ses racines dans l'iconographie et la pensée chrétienne dominantes. La Fortune est représentée comme une déesse païenne récupérée par la morale chrétienne, souvent illustrée par une roue tournante dans les manuscrits enluminés et les sculptures d'églises. Cette époque est marquée par une économie féodale instable, où les récoltes aléatoires, les guerres et les épidémies comme la peste noire (1347-1351) rendent les richesses précaires. Dans la vie quotidienne, les marchands et les nobles connaissent des ascensions et des chutes rapides, tandis que les paysans vivent dans l'incertitude des disettes. Des auteurs comme Boèce (Consolation de la Philosophie, VIe siècle, traduit en français au XIVe siècle) popularisent l'idée de la Fortune capricieuse. Les foires médiévales, où les transactions commerciales pouvaient faire ou défaire des fortunes en un jour, illustrent concrètement ce concept. La pratique des pèlerinages et des sermons rappelle aux fidèles la vanité des biens matériels, préparant le terrain linguistique pour des expressions moralisatrices.

Renaissance et XVIIe siècleMoralistes et précieux

Aux XVIe et XVIIe siècles, l'expression s'est popularisée grâce à la littérature moraliste et au théâtre, reflétant les bouleversements sociaux de l'époque. La Renaissance voit l'émergence d'une bourgeoisie marchande et la montée des cours princières, où les faveurs royales pouvaient changer rapidement, comme sous le règne de Louis XIV. Des auteurs comme Montaigne (Essais, 1580) et La Fontaine (Fables, 1668-1694) utilisent des thèmes similaires pour critiquer l'instabilité des richesses. Au XVIIe siècle, les salons précieux et le théâtre classique, notamment avec Molière (L'Avare, 1668), diffusent l'expression dans un registre plus mondain. Elle apparaît dans des maximes et des proverbes collectés par des érudits, glissant d'un sens religieux vers une observation sociale. La presse naissante, comme La Gazette de Théophraste Renaudot (fondée en 1631), rapporte des faits divers où des fortunes se font et se défont, renforçant son usage. L'expression devient un lieu commun pour commenter les revers de la noblesse ou les succès éphémères des financiers.

XXe-XXIe siècleMédias et numérique

Au XXe et XXIe siècles, l'expression reste courante dans le français familier et médiatique, bien que moins utilisée que des synonymes comme 'les hauts et les bas'. On la rencontre dans la presse économique (ex. : journaux comme Le Monde ou Les Échos) pour commenter les fluctuations boursières ou les réussites entrepreneuriales éphémères. À l'ère numérique, elle prend de nouveaux sens avec les cryptomonnaies et les startups, où des fortunes peuvent se construire et s'effondrer rapidement sur Internet. Dans les médias sociaux, des mèmes et des citations la reprennent pour illustrer la précarité moderne. Elle est aussi présente dans la littérature contemporaine, par exemple dans des romans sur la finance, et dans le cinéma français. Aucune variante régionale majeure n'est attestée, mais des équivalents existent dans d'autres langues (ex. : 'Fortune comes and goes' en anglais). L'expression conserve son sens figuré d'instabilité matérielle, avec une nuance parfois ironique dans le langage courant, témoignant de sa pérennité malgré les transformations sociales.

🤓

Le saviez-vous ?

Ce proverbe a inspiré des expressions similaires dans d'autres langues, comme l'anglais « Fortune comes and goes » ou l'espagnol « La fortuna pasa y repasa ». Une anecdote célèbre le lie à Napoléon Bonaparte, qui, selon la légende, l'aurait cité après sa défaite à Waterloo pour illustrer la chute de son empire. Dans la tradition orale, il était souvent répété lors des foires médiévales, où les marchands voyaient leurs affaires fluctuer au gré des saisons et des clients.

Après avoir perdu son emploi, Marc se morfondait en disant : 'Je ne m'en remettrai jamais.' Son ami lui répondit : 'La fortune passe et repasse, mon vieux. L'an dernier, tu étais au sommet, aujourd'hui c'est difficile, mais demain tu retrouveras ta place. La vie est ainsi faite.'

🎒 AdoConversation entre amis pour réconforter après un échec

Lors d'un cours d'histoire, le professeur évoqua la chute de l'Empire romain et commenta : 'La fortune passe et repasse, comme le montre le destin des civilisations qui connaissent des hauts et des bas successifs.'

📚 ScolaireExplication pédagogique en classe

À table, le grand-père raconta : 'Dans ma jeunesse, j'ai connu la guerre et la pauvreté, puis la prospérité des Trente Glorieuses. La fortune passe et repasse, mes enfants, il faut savoir s'adapter aux cycles de la vie.'

🏠 FamilialTémoignage intergénérationnel lors d'un repas

En réunion, le directeur financier analysa les résultats trimestriels en déclarant : 'Nos bénéfices ont fluctué cette année. Rappelons-nous que la fortune passe et repasse ; une stratégie à long terme nous permettra de surmonter ces variations.'

💼 ProPrésentation en entreprise sur la gestion des aléas économiques

🎓 Conseils d'utilisation

Pour appliquer ce proverbe dans la vie quotidienne, cultivez la modération en période de succès, en évitant l'arrogance et en préparant des réserves pour les temps difficiles. En cas d'échec, rappelez-vous que la chance peut revenir, ce qui favorise la patience et la persévérance. Utilisez-le comme mantra pour développer une philosophie de vie résiliente, en acceptant les changements comme naturels et en cherchant à apprendre de chaque cycle pour grandir personnellement.

📚

Littérature

Ce proverbe évoque la philosophie stoïcienne de l'instabilité des biens matériels, présente dans 'Les Essais' de Montaigne (1580), où il médite sur la fragilité de la fortune. On le retrouve aussi dans 'Le Rouge et le Noir' de Stendhal (1830), lorsque Julien Sorel observe les vicissitudes sociales de la Restauration, illustrant comment la chance tourne au gré des circonstances politiques et personnelles.

🎬

Cinéma

Dans le film 'Le Parrain' (1972) de Francis Ford Coppola, la montée et la chute des familles mafieuses incarnent ce proverbe, montrant comment le pouvoir et la richesse sont éphémères. De même, 'Slumdog Millionaire' (2008) de Danny Boyle illustre la fortune qui passe et repasse à travers le destin chaotique du héros, alternant entre misère et succès inattendu.

🎵

Musique ou Presse

Dans la chanson 'Les Riches' de Jacques Brel (1962), le chanteur critique l'arrogance des nantis en rappelant que la fortune est fugace. En presse, un éditorial du 'Monde' sur la crise financière de 2008 a utilisé ce proverbe pour analyser les cycles économiques, soulignant comment les marchés connaissent des hauts et des bas imprévisibles.

🇬🇧

Anglais : Fortune comes and goes

Cette expression anglaise, attestée depuis le XVIe siècle, reflète la même idée de fluctuation de la chance ou de la prospérité. Elle est souvent utilisée dans des contextes littéraires ou philosophiques pour souligner l'instabilité des biens matériels, comme dans les œuvres de Shakespeare qui explorent les caprices du destin.

🇪🇸

Espagnol : La fortuna va y viene

Proverbe espagnol courant, il met l'accent sur le caractère transitoire de la chance. On le retrouve dans la littérature, par exemple chez Cervantes dans 'Don Quichotte', où les aventures du héros illustrent les aléas de la fortune, ou dans des discours populaires pour relativiser les succès et les échecs.

🇩🇪

Allemand : Das Glück kommt und geht

Expression allemande équivalente, elle souligne la nature changeante du bonheur et de la prospérité. Utilisée dans des contextes philosophiques, comme chez Schopenhauer qui discute de l'instabilité des biens terrestres, ou dans la vie quotidienne pour conseiller la prudence face aux revers de fortune.

🇮🇹

Italien : La fortuna va e viene

Proverbe italien similaire, il est souvent cité dans des œuvres comme 'Le Prince' de Machiavel (1532), où l'auteur analyse comment la fortune (fortuna) influence le pouvoir politique de manière capricieuse. Il incite à la sagesse en rappelant que rien n'est permanent.

🇯🇵

Japonais : 運は巡る (Un wa meguru)

Expression japonaise signifiant 'la chance tourne', elle reflète une conception cyclique de la fortune, influencée par le bouddhisme et le shintoïsme. On la trouve dans des proverbes traditionnels (kotowaza) et des œuvres littéraires comme 'Le Dit du Genji' (XIe siècle), où les destins des personnages illustrent cette idée de renouveau constant.

Ce proverbe signifie que la chance, la prospérité ou les biens matériels ne sont pas permanents ; ils fluctuent au fil du temps, alternant entre périodes favorables et défavorables. Il invite à la modestie dans le succès et à l'espoir dans l'adversité, en rappelant que les situations peuvent changer rapidement. Originaire de la sagesse populaire française, il est souvent utilisé pour relativiser les événements, qu'ils soient personnels, économiques ou sociaux, en insistant sur le caractère cyclique de la vie.
L'origine de ce proverbe remonte à l'Antiquité, avec des influences stoïciennes et latines, comme chez Sénèque qui évoquait la 'fortuna' changeante. En français, il est attesté dès le Moyen Âge, popularisé par des auteurs comme Rabelais au XVIe siècle. Il reflète une conception traditionnelle de la fortune comme force capricieuse, présente dans les contes et la littérature morale, et s'est diffusé dans le langage courant pour exprimer une philosophie de résignation optimiste face aux aléas de l'existence.
En psychologie moderne, ce proverbe est parfois cité dans des approches comme la thérapie cognitive-comportementale pour aider à gérer le stress lié aux incertitudes. Il encourage à adopter une perspective à long terme, en reconnaissant que les difficultés sont temporaires et que des améliorations peuvent survenir. Cela permet de réduire l'anxiété en normalisant les fluctuations de la vie, et favorise la résilience en rappelant que les échecs ne définissent pas l'avenir, mais font partie d'un cycle naturel de renouveau.
📝

Prépare ton brevet !

Révise les expressions françaises sur allobrevet.fr

Aller →

⚠️ Erreurs à éviter

Une erreur courante est de confondre ce proverbe avec des maximes sur la fatalité, comme « C'est la vie », qui suggèrent une passivité. Ici, il ne s'agit pas de subir sans agir, mais de reconnaître les cycles pour mieux s'y adapter. Évitez aussi de l'utiliser pour justifier l'inertie ou le fatalisme ; au contraire, il invite à l'action prudente et réfléchie. Enfin, ne le réduisez pas uniquement à l'argent : il s'applique à tous les domaines, de la santé aux relations, enrichissant ainsi sa portée universelle.

🔗

Continue ton exploration

Expressions dans le même univers

📋 Fiche proverbe
Catégorie

Sagesse populaire

Difficulté

⭐⭐ Facile

Époque

Moyen Âge à contemporain

Registre

Littéraire et courant

Dans quel contexte historique ce proverbe a-t-il été particulièrement utilisé pour décrire les fluctuations économiques ?

🃏 Flashcard1/4

« La fortune passe et repasse. »

Touche pour retourner

La chance et la prospérité ne sont pas permanentes ; elles alternent dans la vie comme un cycle naturel, rappelant l'instabilité des succès humains.

Littera