Cette expression designe un sentiment amoureux naissant, generalement juvenile, timide et non reciproque. Il s'agit d'une attirance douce et souvent idealisee, plus legere qu'une passion profonde. Elle peut aussi designer l'objet de ce sentiment ("il est mon beguin"). L'expression connote souvent la naivete et la fugacite.
L'origine de cette expression remonte au Moyen Age, plus precisement au XIIIe siecle, avec l'emergence du mouvement religieux des beguines. Les beguines etaient des femmes pieuses vivant en communautes semi-cloistrees, les beguinages, sans prononcer de voeux eternels. Elles se consacraient a la priere, au travail manuel et aux oeuvres charitables. Leur coiffe caracteristique, une sorte de voile ou de capuche blanche, etait appelee un "beguin". Au fil des siecles, le terme "beguin" a quitte le domaine religieux pour entrer dans le langage courant. Des le XVIIe siecle, il designait par metonymie une coiffe de bebe, douce et enveloppante. C'est cette image de douceur et de protection qui a donne naissance, au XIXe siecle, au sens figuré sentimental. Avoir un "beguin" pour quelqu'un, c'etait comme etre enveloppe d'un sentiment doux et reconfortant, a la maniere du bonnet de bebe. L'expression s'est popularisee a la Belle Epoque pour decrire les amourettes juveniles et passageres, un sens qu'elle a conserve jusqu'a aujourd'hui.
Exemple 1: A 15 ans, elle avait un beguin pour son professeur de musique.
Exemple 2: Au bureau, tout le monde sait qu'il a un beguin pour la nouvelle stagiaire, mais il est trop timide pour lui parler.
Exemple 3: Mon fils me confie qu'il a un petit beguin pour une camarade de classe.
Exemple 4: Ne t'inquiete pas, ce n'est qu'un beguin d'ete, ca va passer avec la rentree.
Exemple 5: "- Tu as vu comme il la regarde ? - Oui, c'est clair, il a un sacre beguin pour elle !"
