Cette expression familiere signifie disposer d'un contact privilegie, d'une relation ou d'un appui dans un milieu donne, qui peut servir de levier pour obtenir un service, une faveur ou une information. Elle implique souvent une notion de reseau et de reciprocite. Par exemple, 'avoir une branche dans la police' signifie connaitre quelqu'un dans ce corps de metier qui peut vous aider.
L'expression 'avoir une branche' emerge dans le langage populaire francais a la fin du XIXe siecle, probablement dans les annees 1880-1890. Elle plonge ses racines dans l'argot des faubourgs parisiens et du milieu des 'apaches', ces voyous de l'epoque. A l'origine, le terme 'branche' etait utilise en argot pour designer un individu, un camarade ou un complice, notamment dans le milieu criminel. Le 'Dictionnaire de la langue verte' d'Alfred Delvau (1867) ne la mentionne pas encore dans ce sens, signe d'une apparition legerement posterieure. L'evolution semantique est interessante : de 'branche' designant une personne (un 'gars', un 'type'), on est passe a l'idee que cette personne constitue une ressource, un point d'appui. Le contexte social de l'epoque, marque par une forte urbanisation et le developpement de communautes ou la solidarite et le reseau etaient vitaux pour survivre ou prosperer en marge de la societe, a favorise ce glissement. L'expression s'est ensuite democratisee au XXe siecle, perdant sa connotation exclusivement criminelle pour s'appliquer a tout domaine (administration, entreprise, etc.) ou un contact peut depanner.
Pas de souci pour les places de concert, j'ai une branche a la billetterie.
Pour accelerer ce dossier administratif, il faudrait avoir une branche a la prefecture.
Tu peux reparer ma voiture ? - Bien sur, mon frere est garagiste, j'ai une branche !
Il ne se gene pas pour en profiter, des qu'il a une branche quelque part.
- Comment as-tu eu ces renseignements si vite ? - J'ai ma petite branche dans l'entreprise, ne t'inquiete pas.
