Cette expression imagee qualifie une personne qui parle abondamment, parfois de facon intempestive ou indiscrete. Elle connote souvent une nuance legerement negative, suggerant une difficulte a se taire ou a garder un secret. On l'utilise pour decrire quelqu'un de volubile, dont la langue semble toujours en mouvement, comme si elle etait trop longue et pendait hors de la bouche.
L'expression 'avoir une langue pendante' plonge ses racines dans le Moyen Age et la Renaissance, periode ou le bestiaire et les images animales etaient frequemment utilises pour caricaturer les defauts humains. L'image d'une langue qui pend, detachee, evoque immediatement celle d'un chien haletant, fatigue ou affame. Cette metaphore canine, attestee des le 16e siecle, servait a moquer les individus consideres comme trop bavards, incapables de retenir leur parole, a l'instar d'un chien qui ne peut retenir sa langue lorsqu'il a chaud. Le contexte social etait celui d'une societe ou la parole etait un marqueur social important ; la capacite a la maitriser etait une vertu, tandis que le bavardage etait associe a la frivolite, a la mechancede (la 'mauvaise langue') ou a la betise. Au 17e siecle, l'expression se fixe dans la langue avec ce sens figure. Elle est notamment repertoriee par Antoine Oudin dans ses 'Curiositez francoises' (1640) comme synonyme de 'estre grand parleur'. L'evolution du sens est minime : l'image est restee forte et comprehensible, passant du registre populaire et moqueur a un registre plus courant, tout en conservant sa vivacite descriptive.
Exemple 1: Ne lui confie aucun secret, il a une langue pendante !
Exemple 2: En reunion, evite d'avoir une langue pendante et va droit au but.
Exemple 3: Ma tante a une langue pendante, elle raconte toute la vie du quartier.
Exemple 4: Il est sympa mais un peu fatigant avec sa langue pendante, il ne sait pas ecouter.
Exemple 5: '- Tu as deja tout raconte a Paul ? - Desole, j'ai eu la langue pendante.'
