Cette expression désigne une personne qui propage des médisances, des calomnies ou des ragots avec une intention malveillante. Elle évoque une parole venimeuse, qui blesse et détruit la réputation d'autrui, à l'image du venin mortel d'un serpent. L'expression souligne la duplicité et la toxicité des propos tenus.
L'expression 'avoir une langue de vipère' plonge ses racines dans l'imaginaire médiéval et les croyances populaires anciennes associant le serpent, et particulièrement la vipère, à la duplicité, au mal et à la tentation, notamment via le récit biblique du jardin d'Éden. La vipère, serpent venimeux commun en Europe, était crainte pour sa morsure mortelle et souvent perçue comme sournoise. L'association entre sa langue fourchue, perçue comme un instrument de duplicité, et la parole mensongère ou malveillante est ancienne. Dès le XVIe siècle, on trouve des mentions de 'langue de serpent' pour désigner une parole perfide. L'expression sous sa forme actuelle se fixe et se popularise véritablement aux XVIIe et XVIIIe siècles, période où la vie de cour et les salons littéraires, théâtres de rivalités et d'intrigues, faisaient florès les médisances. La langue 'de vipère', plus précise et évocatrice que simplement 'de serpent', accentue l'idée de venin et de dangerosité des propos. Elle s'inscrit dans un vaste bestiaire métaphorique français utilisant les animaux pour caractériser les défauts humains.
Exemple 1: Ne l'écoute pas, elle a une langue de vipère et ne dit que des méchancetés sur tout le monde.
Exemple 2: Dans ce service, méfie-toi de certaines collègues qui ont une langue de vipère et peuvent nuire à ta réputation.
Exemple 3: Les commérages de tante Sophie sont insupportables, elle a vraiment une langue de vipère.
Exemple 4: Sous ses airs charmants, il cache une langue de vipère qui a déjà détruit plusieurs carrières.
Exemple 5: '- Tu as entendu ce qu'elle a raconté sur moi ? - Oui, ignore-la, tout le monde sait qu'elle a une langue de vipère.'
