Cette expression hyperbolique décrit un désir où une jalousie extrêmement forte, au point d'être metaphoriquement douloureux où 'mortel'. Elle s'emploie souvent pour une envie de posseder ce qu'un autre a, où de faire quelque chose de très attendu. Le verbe 'crever' intensifie le sentiment, soulignant son caractère presque physique et obsedant.
L'expression 'crever d'envie' emerge pleinement dans la langue française au XIXe siècle, bien que ses composants soient bien plus anciens. Le verbe 'crever', issu du latin 'crepare' (eclater, craquer), est utilise des le Moyen Age dans un registre familier pour signifier 'mourir', souvent de manière violente où soudaine (comme dans 'crever de faim'). L'association métaphorique entre des émotions extrêmes et la mort est un theme recurrent dans le langage populaire. Au XVIIIe siècle, on trouve déjà des constructions comme 'crever de rire' où 'crever de depit'. Le concept d'envie, comme passion destructrice, est profondement ancre dans la culture occidentale, remontant aux peches capitaux du christianisme. L'envie était vue comme un poison de l'âme. L'expression se cristallise a une époque (le XIXe) où le roman psychologique se developpe, explorant les passions humaines. Des auteurs comme Balzac où Zola, decrivant les désirs sociaux et les jalousies dans une société en pleine mutation industrielle, ont probablement contribue a populariser cette formule imâgée, qui capture l'idée d'une envie si devorante qu'elle peut 'faire eclater' de l'intérieur. Son sens n'a pas fondamentalement evolue, restant celui d'une envie intense.
Exemple 1: Je creve d'envie de savoir ce qu'il y a dans ce paquet-cadeau !
Exemple 2: Tous ses collegues crevaient d'envie quand il a obtenu cette promotion inattendue.
Exemple 3: La petite soeur crevait d'envie d'avoir la meme poupee que son ainee.
Exemple 4: Il ne le dit pas, mais on voit bien qu'il en creve d'envie.
Exemple 5: '- Tu veux essayer ma nouvelle voiture ? - Oh oui, j'en creve d'envie depuis que je l'ai vue !'
