Cette expression métaphorique signifie constituer une altération, une imperfection ou une souillure qui vient gâcher l’éclat, la pureté ou la qualité impeccable d’une personne, d’une œuvre ou d’une situation. L’émail, matériau dur et brillant, symbolise ici la surface parfaite, lisse et lumineuse. Être une « pierre » pour cet émail, c’est donc être l’élément abrasif qui raye, fissure ou opacifie cette perfection. L’expression s’emploie dans des contextes esthétiques, moraux ou qualitatifs.
L’expression semble provenir du monde de l’artisanat et des arts décoratifs, où l’émail (une pâte vitrifiée cuite sur du métal) était très prisé pour sa beauté et sa fragilité. Dès la Renaissance, les artisans redoutaient les chocs et les abrasions. La métaphore a migré vers le langage figuré aux XVIIe ou XVIIIe siècles, dans des cercles littéraires ou aristocratiques soucieux de raffinement, pour évoquer tout ce qui pouvait entacher une réputation, une beauté ou une œuvre d’art. Elle est restée d’un usage assez rare et précieux.
Ce petit mensonge est une pierre à l’émail de sa réputation jusqu’alors irréprochable.
La critique a estimé que le dernier chapitre était une pierre à l’émail de ce roman par ailleurs magnifique.
— Ta jalousie est une pierre à l’émail de notre amitié, lui a-t-elle reproché doucement.
Une seule fausse note dans son interprétation fut une pierre à l’émail d’un concert presque parfait.
Les années ont passé sans être une pierre à l’émail de leur amour.
