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Expression française · Météorologie et conditions atmosphériques

« Faire un temps de chien »

🔥 Météorologie et conditions atmosphériques⭐ Niveau 1/5📜 XIXe siècle à aujourd'hui💬 Familier📊 Fréquence 5/5

Décrit un temps mauvais, pluvieux, venteux et désagréable, souvent associé à une météo hivernale ou automnale difficile à supporter.

L'expression « faire un temps de chien » évoque d'abord, au sens littéral, une météo particulièrement défavorable. Elle désigne des conditions atmosphériques caractérisées par la pluie persistante, le vent fort, le froid pénétrant, et parfois la grisaille ou la neige, rendant l'extérieur inhospitalier. Au sens figuré, elle s'étend à toute situation où l'environnement est perçu comme hostile ou pénible, que ce soit dans un contexte météorologique ou, par analogie, dans des circonstances sociales ou professionnelles difficiles. En termes de nuances d'usage, cette locution est couramment employée dans le langage familier pour exprimer une plainte ou une constatation sans gravité, souvent avec une pointe d'humour ou de résignation, et elle s'applique aussi bien à des épisodes brefs qu'à des périodes prolongées de mauvais temps. Son unicité réside dans sa capacité à condenser en quelques mots une expérience universelle de désagrément climatique, tout en conservant une connotation affective qui la rend immédiatement compréhensible et partagée dans les conversations quotidiennes.

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Morale / leçon de vie

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Cette expression rappelle que la nature, dans sa rudesse, nous confronte à notre vulnérabilité et à notre besoin de refuge. Elle invite à une réflexion sur la résilience face aux aléas extérieurs, symbolisant les épreuves passagères qui forgent le caractère.

✨ Étymologie

1) Racines des mots-clés — L'expression repose sur trois éléments essentiels. 'Faire' provient du latin FACERE (faire, accomplir), qui a donné en ancien français 'faire' dès le Xe siècle, conservant son sens d'action. 'Temps' dérive du latin TEMPUS (temps, période, saison), passé en ancien français comme 'tens' ou 'temps' avec la même polysémie météorologique et chronologique. 'Chien' vient du latin CANIS (chien), devenu 'chien' en ancien français vers le XIIe siècle. L'image du chien comme symbole négatif remonte au latin où 'canis' pouvait déjà évoquer la bassesse, mais c'est en français que cette connotation s'est amplifiée, notamment dans des expressions comme 'vie de chien' ou 'temps de chien'. Notons que 'chien' en ancien français désignait aussi parfois un homme méprisable, renforçant cette valeur péjorative. 2) Formation de l'expression — L'assemblage 'temps de chien' apparaît comme une métaphore filée où le mauvais temps est comparé à quelque chose d'aussi désagréable qu'un chien, animal souvent associé à la misère et aux conditions difficiles dans l'imaginaire populaire médiéval. Le processus linguistique est clairement analogique : de même qu'un chien pouvait symboliser la malchance ou la saleté (comme dans 'un temps à ne pas mettre un chien dehors'), le mauvais temps devient 'de chien'. La première attestation écrite remonte au XVIIe siècle, notamment chez des auteurs comme Molière ou dans des textes populaires décrivant des intempéries particulièrement pénibles. L'expression s'est figée progressivement, perdant son lien littéral pour devenir une locution adjectivale stable. 3) Évolution sémantique — À l'origine, l'expression avait un sens purement météorologique, décrivant des pluies, vents ou froid intenses qui rendaient la vie extérieure difficile, évoquant les conditions dans lesquelles même un chien errant souffrirait. Au fil des siècles, elle a subi un glissement métonymique pour qualifier non seulement le temps qu'il fait, mais aussi des situations métaphoriquement 'pourries' ou désagréables. Au XIXe siècle, on la trouve déjà employée dans un registre familier pour décrire une ambiance morose ou une période difficile. Aujourd'hui, elle appartient au langage courant, avec une connotation légèrement familière mais non vulgaire, et s'est étendue à divers contextes (ex. 'une journée de chien') tout en conservant son noyau sémantique initial.

Moyen Âge (XIIe-XVe siècle)Naissance dans la ruralité médiévale

Au Moyen Âge, la vie quotidienne est profondément marquée par l'agriculture et la dépendance aux conditions climatiques. Dans une société où 80% de la population vit à la campagne, le mauvais temps n'est pas une simple gêne, mais une menace pour les récoltes, donc pour la survie. Les paysans travaillant aux champs sous la pluie battante ou le vent glacial développent un vocabulaire imagé pour décrire ces intempéries. Le chien, animal omniprésent mais souvent mal traité — errant dans les rues boueuses, associé à la pauvreté et aux épidémies — devient naturellement une métaphore du malheur. Des textes comme les fabliaux ou les chroniques monastiques évoquent déjà des 'temps maudits' ou 'exécrables', préfigurant l'expression. La vie urbaine n'est guère mieux : dans les villes aux ruelles non pavées, les intempéries transforment le sol en bourbier, où chiens et humains pataugent. Cette réalité concrète, combinée à la symbolique chrétienne parfois négative du chien (lié à l'impureté), plante les graines sémantiques de l'expression.

XVIIe-XVIIIe siècleFixation littéraire et popularisation

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, l'expression 'temps de chien' se cristallise dans la langue française, notamment grâce à la littérature et au théâtre. Le Siècle des Lumières voit l'essor de la presse et des almanachs météorologiques, où les descriptions du temps deviennent plus précises et imagées. Des auteurs comme Molière, dans ses comédies, ou Voltaire, dans sa correspondance, utilisent des périphrases similaires pour évoquer des intempéries pénibles, contribuant à diffuser l'image. L'expression apparaît aussi dans des mémoires de voyageurs décrivant des traversées maritimes ou des routes impraticables. Le glissement sémantique s'amorce : 'temps de chien' ne qualifie plus seulement la pluie ou le vent, mais aussi des situations globalement désagréables, comme un voyage difficile ou une réception froide. La bourgeoisie urbaine, de plus en plus sensible au confort, adopte cette expression dans un registre familier pour se plaindre du climat, tandis que les philosophes des Lumières l'emploient parfois métaphoriquement pour critiquer une période historique troublée.

XXe-XXIe siècleBanalisation et extensions contemporaines

Au XXe siècle, 'faire un temps de chien' entre définitivement dans le langage courant, perdant toute connotation rare ou littéraire. Elle est massivement utilisée dans la presse quotidienne, à la radio puis à la télévision pour décrire les intempéries, avec une fréquence accrue due aux bulletins météo réguliers. Des écrivains comme Georges Simenon ou Marcel Pagnol l'emploient naturellement dans leurs dialogues, reflétant son ancrage populaire. Aujourd'hui, l'expression reste très vivante, notamment dans les conversations informelles et sur les réseaux sociaux, où elle sert à commenter la météo avec une pointe d'humour résigné. On la rencontre aussi dans des variantes comme 'il fait un temps de chien' ou 'quelle journée de chien !', étendant parfois son sens à des situations non météorologiques (ex. 'une réunion de chien'). Avec l'ère numérique, des mèmes ou GIFs illustrant des chiens sous la pluie renforcent sa visibilité. Aucune variante régionale majeure n'existe en français, mais des équivalents existent dans d'autres langues (ex. 'it's raining cats and dogs' en anglais), montrant une universalité du besoin de métaphores pour le mauvais temps.

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Le saviez-vous ?

Saviez-vous que l'expression « faire un temps de chien » a des équivalents dans d'autres langues, mais avec des animaux différents ? Par exemple, en anglais, on dit « it's raining cats and dogs » pour une pluie torrentielle, tandis qu'en espagnol, « hace un tiempo de perros » est une traduction directe. En allemand, on utilise « Hundewetter », littéralement « temps de chien », montrant une similarité frappante. Cette variation illustre comment les cultures associent divers animaux aux intempéries, mais le chien reste un symbole récurrent de malchance ou d'inconfort dans plusieurs idiomes, reflétant peut-être une perception universelle de cet animal comme compagnon des moments difficiles.

"Regarde ces nuages noirs, on va encore faire un temps de chien cet après-midi. J'avais prévu un pique-nique, mais avec cette pluie battante et ce vent qui siffle, mieux vaut rester à l'intérieur. Décidément, l'été n'est pas au rendez-vous cette année."

🎒 AdoDialogue entre adolescents déçus par la météo lors de vacances

"Les prévisions annoncent un temps de chien pour la sortie scolaire : pluie persistante et températures glaciales. Nous devrons adapter notre programme et prévoir des activités en intérieur pour éviter que les élèves ne tombent malades."

📚 ScolaireAnnonce d'un professeur concernant une excursion

"Ne sors pas sans ton parapluie, il fait un temps de chien dehors ! La pluie ne cesse de tomber depuis ce matin, et le vent fait trembler les vitres. Reste plutôt à la maison, on regardera un film au chaud."

🏠 FamilialConseil d'un parent à un enfant par mauvais temps

"En raison du temps de chien prévu cette semaine, nous reportons la réunion externe. Les routes seront glissantes et la visibilité réduite, ce qui présente des risques pour les déplacements professionnels."

💼 ProCommunication interne dans une entreprise

🎓 Conseils d'utilisation

Pour utiliser « faire un temps de chien » avec style, privilégiez-le dans un registre familier ou informel, par exemple dans des conversations amicales, des récits personnels ou des descriptions vivantes. Évitez de l'employer dans des contextes formels ou techniques, où des termes plus précis comme « conditions météorologiques défavorables » seraient plus appropriés. Pour renforcer son impact, combinez-le avec des adjectifs ou des détails concrets, par exemple : « Il fait un temps de chien, avec une pluie battante et un vent à décorner les bœufs. » Cela ajoute de la couleur et de l'authenticité à votre expression, tout en respectant son ton légèrement plaintif mais souvent humoristique.

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Littérature

Dans "L'Étranger" d'Albert Camus (1942), le protagoniste Meursault décrit une journée où "il faisait un temps splendide", créant un contraste saisissant avec l'expression. Cependant, des auteurs comme Émile Zola dans "La Terre" (1887) évoquent souvent des conditions météorologiques exécrables pour renforcer le réalisme de leurs descriptions rurales. Plus récemment, Fred Vargas dans ses polars utilise fréquemment les intempéries comme élément dramatique, rappelant que "faire un temps de chien" peut influencer l'atmosphère narrative.

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Cinéma

Le film "Le Chien jaune de Mongolie" (2005) de Byambasuren Davaa, bien que traitant d'un chien, n'évoque pas directement l'expression. En revanche, des œuvres comme "Le Temps des secrets" (2022) de Christophe Barratier montrent comment la météo capricieuse affecte les personnages. Dans le cinéma français, les scènes de tempête ou de pluie battante servent souvent de métaphore aux tourments intérieurs, illustrant littéralement "un temps de chien" pour amplifier les conflits dramatiques.

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Musique ou Presse

Dans la chanson "Il pleut" de Serge Gainsbourg (1964), le temps maussade est évoqué avec poésie, contrastant avec la trivialité de l'expression. Du côté de la presse, les journaux français comme Le Monde ou Libération utilisent régulièrement "temps de chien" dans leurs rubriques météo pour décrire des épisodes climatiques extrêmes, notamment lors des intempéries hivernales ou des orages estivaux, montrant son ancrage dans le langage courant médiatique.

🇬🇧

Anglais : It's raining cats and dogs

L'expression anglaise "It's raining cats and dogs" (littéralement "il pleut des chats et des chiens") partage l'idée de précipitations intenses mais avec une image plus surréaliste. Alors que "faire un temps de chien" englobe diverses intempéries, l'équivalent britannique se concentre sur la pluie torrentielle. L'origine remonterait au XVIIe siècle, peut-être liée aux animaux cherchant refuge sur les toits pendant les tempêtes.

🇪🇸

Espagnol : Hacer un tiempo de perros

L'espagnol utilise presque littéralement la même construction avec "Hacer un tiempo de perros". L'expression est courante dans toute l'Hispanosphère pour décrire un temps exécrable. Comme en français, "perro" (chien) sert ici de superlatif péjoratif, renforçant la notion de météo insupportable. On trouve des variantes régionales, mais le sens demeure identique.

🇩🇪

Allemand : Hundewetter machen

L'allemand emploie "Hundewetter machen" (littéralement "faire un temps de chien"), montrant une similarité structurelle frappante avec le français. Le terme "Hundewetter" est utilisé depuis le XIXe siècle pour qualifier une météo particulièrement mauvaise. Contrairement au français, l'allemand possède aussi l'expression "Schmuddelwetter" pour un temps gris et pluvieux, plus spécifique.

🇮🇹

Italien : Fa un tempo da cani

L'italien dit "Fa un tempo da cani", calque presque parfait de l'expression française. Utilisée dans toute la péninsule, elle décrit des conditions climatiques désagréables, souvent avec une connotation d'exagération humoristique. Comme en français, "cani" (chiens) fonctionne comme amplificateur négatif, une construction commune dans les langues romanes pour exprimer l'intensité.

🇯🇵

Japonais : 犬畜生のような天気 (Inuchikushō no yōna tenki)

Le japonais utilise l'expression "犬畜生のような天気" (Inuchikushō no yōna tenki), qui signifie littéralement "un temps comme celui d'un chien bâtard". L'ajout de "chikushō" (bâtard) intensifie le caractère exécrable de la météo. Contrairement aux langues européennes, l'image canine est ici plus insultante, reflétant des nuances culturelles différentes dans l'utilisation animalière.

"Faire un temps de chien" désigne une météo particulièrement mauvaise, caractérisée par des éléments désagréables comme la pluie persistante, le vent fort, le froid pénétrant ou une combinaison de ces phénomènes. L'expression ne se limite pas à la pluie ; elle peut aussi décrire un temps gris, humide et glacial, ou des conditions orageuses violentes. Elle implique une exagération : le temps est si mauvais qu'il serait indigne même pour un chien, animal réputé pour sa résistance aux intempéries. Dans l'usage courant, elle exprime souvent la frustration face à des conditions climatiques qui gâchent les projets ou rendent les activités extérieures impossibles.
L'origine de "Faire un temps de chien" remonte au XIXe siècle, période où de nombreuses expressions utilisant "chien" de manière péjorative se sont popularisées en français (comme "une vie de chien"). Les linguistes pensent qu'elle pourrait être influencée par des expressions anglaises similaires, telles que "it's raining cats and dogs", bien que l'image soit différente. L'idée sous-jacente est que le chien, souvent perçu comme un animal rustique capable de supporter des conditions difficiles, sert ici de référence extrême : un temps que même un chien trouverait insupportable est donc particulièrement exécrable. Cette construction s'inscrit dans une tradition linguistique où le terme "chien" amplifie la notion de médiocrité ou de difficulté.
Oui, "Faire un temps de chien" est largement utilisée dans l'ensemble de la francophonie, de la France à la Belgique, en passant par la Suisse, le Canada et les pays d'Afrique francophone. Cependant, on observe des variations régionales dans la fréquence d'usage et les contextes. Par exemple, au Québec, on entend aussi "un temps de chien" mais parfois avec des synonymes locaux comme "un temps moche" ou "un temps pourri". Dans certaines régions de France, des expressions alternatives existent, mais "temps de chien" reste la formulation la plus universellement comprise. Son ancrage dans la langue standard en fait une expression transrégionale, contrairement à des locutions plus localisées.
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⚠️ Erreurs à éviter

Trois erreurs courantes à éviter avec « faire un temps de chien » : premièrement, ne pas l'utiliser pour décrire un simple temps nuageux ou frais, car elle implique une météo vraiment mauvaise et désagréable ; deuxièmement, éviter de la confondre avec des expressions similaires comme « un temps à ne pas mettre un chien dehors », qui insiste sur l'idée de rester à l'intérieur, alors que « faire un temps de chien » se concentre sur les conditions extérieures ; troisièmement, ne pas l'appliquer à des contextes non météorologiques sans clarification, car bien qu'elle puisse être métaphorique, son sens premier reste lié à la météo, et un usage trop éloigné pourrait prêter à confusion.

📋 Fiche expression
Catégorie

Météorologie et conditions atmosphériques

Difficulté

Très facile

Époque

XIXe siècle à aujourd'hui

Registre

Familier

Dans quel contexte historique l'expression "Faire un temps de chien" est-elle apparue ?

🃏 Flashcard1/4

« Faire un temps de chien »

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Décrit un temps mauvais, pluvieux, venteux et désagréable, souvent associé à une météo hivernale ou automnale difficile à supporter.

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