Cette expression, d'un registre soutenu, signifie qu'une personne ne prête aucune attention à une chose, ne s'en préoccupe pas et n'y attache aucune importance. Elle implique un détachement complet, parfois teinté de mépris ou de désintérêt. Le mot "cure", aujourd'hui archaïque, signifie "souci" ou "soin".
L'expression remonte au Moyen Âge, vers le XIIe siècle. "Cure" vient du latin 'cura' qui signifie "soin, souci, attention". À l'époque, on disait "avoir cure de" pour dire "se soucier de, prendre soin de". La forme négative "n'en avoir cure" (ne pas en avoir souci) est restée dans la langue littéraire et soutenue, tandis que le mot "cure" a disparu de l'usage courant, sauf dans quelques expressions figées comme "n'avoir cure" ou "sans cure".
Il critique mes choix, mais je n'en ai cure et poursuis mon chemin.
Les rumeurs courent sur son compte, mais elle n'en a cure.
— Tu devrais t'inquiéter de ces délais ! — Je n'en ai cure, tout sera prêt.
Le philosophe n'avait cure des biens matériels et vivait dans la simplicité.
Malgré les avertissements, le roi n'en eut cure et prit une décision téméraire.
