Cette expression designe une faute legere, un travers ou une faiblesse que l'on s'autorise, souvent avec une certaine complaisance. A l'origine specifiquement liee a la gourmandise, elle s'est elargie pour designer tout petit defaut sympathique et pardonnable, comme une passion pour les series televisees ou l'achat compulsif de livres. Elle implique une nuance d'auto-indulgence et de charme.
L'expression "peche mignon" plonge ses racines dans la theologie chretienne medievale et sa categorisation minutieuse des fautes. Au XIIIe siecle, les theologiens, notamment Thomas d'Aquin dans sa "Somme theologique", ont elabore la doctrine des "peches capitaux" (orgueil, avarice, envie, colere, luxure, gourmandise, paresse). Parmi ceux-ci, la gourmandise (gula) etait consideree comme un peche "veniel" (leger) par opposition aux peches "mortels". L'adjectif "mignon", apparu au XIIe siecle signifiant "dain, gracieux, gentil", a commence a etre associe a "peche" a la fin du Moyen Age ou a la Renaissance pour designer une faute legere, attrayante, presque charmante. Le syntagme "peche mignon" s'est fixe au XVIIe siecle, particulierement dans le langage des salons precieux et galants, pour evoquer avec humour et legere teinte de coquetterie le peche de gourmandise, souvent attribue aux dames. Le sens s'est progressivement etendu a d'autres petits defauts au XIXe et XXe siecles, perdant son lien exclusif avec la nourriture pour devenir l'expression courante et indulgente que nous connaissons aujourd'hui.
Mon peche mignon, c'est de m'acheter un croissant au chocolat tous les matins.
En dehors des dossiers urgents, son peche mignon est de lire les journaux economiques pendant ses pauses.
Le peche mignon de grand-mere, c'est sa collection de porcelaines, elle ne peut resister a une belle piece.
Il appelle son addiction au sport son "peche mignon", mais il y consacre plus de dix heures par semaine !
"- Tu as encore achete des chaussures ? - Chut ! C'est mon peche mignon, ne le dis a personne !"
