Cette expression signifie disposer d'une somme d'argent, meme modeste. Elle connote souvent une situation de relative aisance quotidienne, ou du moins l'absence de detresse financiere immediate. Elle s'emploie generalement de facon positive ou neutre pour indiquer qu'on a de quoi subvenir a ses besoins essentiels, sans pour autant etre riche. La nuance est celle de la suffisance modeste.
L'origine de cette expression est intimement liee a l'histoire monetaire francaise. Le 'sou' designait a l'origine une monnaie de compte sous l'Ancien Regime, valant un vingtieme de livre tournois. Cependant, l'expression dans son sens actuel prend vraiment son essor au XIXe siecle avec l'introduction du 'sou' comme piece physique en cuivre, d'une valeur de 5 centimes, par la reforme monetaire du Premier Empire (loi du 7 germinal an XI - 28 mars 1803). Cette petite piece, frappee massivement, devint la monnaie du peuple, celle des transactions quotidiennes : le pain, le vin, le journal. 'Avoir un sou' signifiait donc litteralement posseder cette piece indispensable pour les menus achats. Avec l'inflation et les changements monetaires (passage au franc puis a l'euro), le sou a disparu mais l'expression est restee, son sens s'etant generalise de la possession d'une piece precise a celle d'une petite somme d'argent en general. Elle temoigne d'une epoque ou la valeur concrete de la monnaie etait tres tangible pour les classes populaires.
Ne t'inquiete pas pour le cafe, j'ai encore un sou sur moi.
Avec ce contrat, l'entreprise devrait enfin avoir un sou pour investir dans de nouveaux equipements.
Les grands-parents se souviennent d'une epoque ou avoir un sou dans sa poche suffisait pour s'acheter des bonbons.
Il ne roule pas sur l'or, mais il a toujours un sou de cote pour les coups durs.
- Tu viens au cinema ce soir ? - Desole, je n'ai pas un sou cette semaine, c'est serre.
