Cette expression familiere signifie etre a court d'argent, souvent de facon temporaire mais parfois durable. Elle connote une pauvrete qui empeche de subvenir a ses besoins essentiels. On l'emploie aussi bien pour une situation passagere (apres des depenses excessives) que pour une precarite plus structurelle. La forme est souvent au feminin 'fauchee' meme pour un homme, par habitude langagiere.
L'origine de l'expression 'etre fauche' remonte au milieu du XIXe siecle, vers les annees 1850-1860, dans le langage populaire parisien. Elle provient directement du vocabulaire agricole. Le verbe 'faucher' signifie couper les cereales ou l'herbe avec une faux. L'image est celle d'un champ entierement coupe, laissant la terre nue et denudee. Par metaphore, cette nudite du terrain a ete appliquee a la bourse ou au porte-monnaie, completement vide. Le contexte historique est celui de l'industrialisation et de l'exode rural. Les ouvriers et les petites gens des villes, souvent en situation de precarite, ont repris ce terme du monde paysan, qu'ils connaissaient bien, pour decrire leur denuement financier. L'expression s'est rapidement repandue dans l'argot parisien avant d'entrer dans le langage courant. Elle a d'abord ete attestee sous la forme 'fauche' (adjectif) avant que la forme pronominale 'etre fauche' ne s'impose. Son sens n'a pas vraiment evolue, si ce n'est qu'elle est devenue moins brutale et plus usuelle pour decrire une simple panne d'argent.
Je ne peux vraiment pas sortir ce soir, je suis completement fauchee jusqu'a la fin du mois.
Le projet est en stand-by, le client est fauche et ne peut pas regler les factures.
Les enfants, pas de jouets ce mois-ci, papa et maman sont un peu fauchees.
Il dit etre fauche, mais il vient de s'acheter le dernier telephone a la mode !
- Tu viens au restaurant ? - Impossible, je suis fauche comme les blés.
