Cette expression decrit une personne qui adopte un ton mielleux, excessivement doux et gentil, generalement de maniere affectee ou hypocrite. Elle ne designe pas une reelle gentillesse, mais plutot une attitude calculee pour flatter, seduire ou dissimuler ses veritables intentions. L'expression porte souvent une connotation negative de manipulation ou d'insincerite.
L'expression 'etre sucré aux lèvres' plonge ses racines dans la symbolique medievale et renaissante du sucre, alors produit de luxe et d'exception. Au Moyen Age, le sucre de canne, importe d'Orient a grand frais, etait une epice rare, reservee a l'elite et aux apothicaires. Il symbolisait la douceur, la richesse et le plaisir raffine. L'idee de 'paroles sucrees' ou d'un 'discours sucre' emerge des le XVIe siecle, evoquant un langage flatteur et enjoleur. L'expression specifique 'sucré aux lèvres' semble se cristalliser au XVIIIe siecle, periode ou le sucre, avec le developpement des plantations coloniales, commence a se democratiser legèrement tout en restant un marqueur social. Dans le contexte des salons litteraires et des cours royales, ou la conversation et l'art de la flatterie etaient eleves au rang d'art, qualifier quelqu'un d' 'etre sucré aux lèvres' designait celui ou celle qui usait d'un langage doucereux, souvent affecte et parfois hypocrite, pour plaire ou manipuler. Le sens a peu evolue depuis, gardant cette notion de douceur de surface, suspecte et potentiellement trompeuse.
Exemple 1: Il est tellement sucré aux lèvres avec la nouvelle directrice qu'on se demande ce qu'il manigance.
Exemple 2: Attention a ce fournisseur, il est sucré aux lèvres en reunion mais intraitable sur les contrats.
Exemple 3: Arrete d'etre sucré aux lèvres pour obtenir un autre cookie, tu en as deja eu deux!
Exemple 4: Son compliment etait si sucré aux lèvres qu'il en est devenu suspect.
Exemple 5: '- Il m'a dit que mon projet etait genial et revolutionnaire. - Ne l'ecoute pas, il est juste sucré aux lèvres pour avoir une promotion.'
