A l'origine strictement religieux, le terme designe aujourd'hui toute personne qui adopte une position de dissidence par rapport a une orthodoxie quelconque, qu'elle soit ideologique, politique, scientifique ou culturelle. L'heretique n'est pas simplement un sceptique, mais un contestataire actif qui propose une vision alternative, souvent percue comme subversive par le groupe dominant.
L'expression plonge ses racines dans l'histoire religieuse de l'Europe chretienne. Le concept d'heresie (du grec 'hairesis', choix) emerge des les premiers siecles du christianisme pour designer les deviations doctrinales par rapport a la foi definie par les conciles. Au Moyen Age, avec l'affirmation du pouvoir de l'Eglise catholique romaine, l'heretique devient l'ennemi interieur a combattre. L'Inquisition, officiellement etablie au XIIIe siecle, est chargee de le traquer, le juger et le châtier, souvent par le bucher. Les Cathares, Vaudois ou Hussites en sont des exemples celebres. A partir de la Renaissance et surtout des Lumieres, le sens s'elargit progressivement au-dela du champ religieux. On parle d'heretique en philosophie, en science (comme Galilee, heretique face a l'orthodoxie aristotelicienne), puis en politique. Le terme conserve sa charge polemique et emotionnelle, designant celui qui transgresse un dogme etabli, quel qu'il soit.
Exemple 1: En defendant cette theorie economique marginale, il est considere comme un heretique par ses pairs universitaires.
Exemple 2: Proposer de supprimer les reunions hebdomadaires, c'est etre un heretique dans cette entreprise tres attachee aux rituals.
Exemple 3: A la table familiale, dire que le vin de l'oncle n'est pas bon, c'est se comporter en heretique du clan.
Exemple 4: Dans le milieu du jazz traditionnel, Miles Davis etait vu comme un heretique lorsqu'il a electrifie son instrument.
Exemple 5: '- Tu ne crois pas au dernier dogme de la startup nation ? - Non, desole, je suis un heretique sur ce point.'
