Cette expression signifie nommer les choses par leur nom, sans euphémisme, atténuation ou fioriture. Elle valorise la franchise, la clarté et le refus de l'hypocrisie. Elle implique souvent de dire une vérité qui peut être gênante ou brutale, mais nécessaire pour être précis et honnête.
L'expression trouve ses racines dans la philosophie antique, notamment chez les Stoïciens qui prônaient la clarté du langage pour décrire la réalité. Cependant, sa formulation française et sa popularisation sont indissociables de l'écrivain Nicolas Boileau, figure majeure du classicisme au XVIIe siècle. Dans son 'Art poétique' (1674), il écrit : 'J'appelle un chat un chat, et Rolet un fripon.' Ce vers célèbre est un manifeste pour la précision et la simplicité du langage, s'opposant aux périphrases alambiquées et à l'hypocrisie sociale de son temps. Boileau utilise 'chat', animal commun et sans prestige, comme symbole de la chose simple qu'il faut nommer directement. 'Rolet' était un personnage réel, un prêteur sur gages notoirement malhonnête, ce qui renforce l'idée de nommer sans ambages les vices. L'expression s'est ensuite ancrée dans la langue pour défendre une parole franche, en particulier dans les débats politiques ou moraux, où l'on refuse d'embellir une réalité sordide. Elle incarne l'idéal des Lumières : un langage clair au service de la vérité.
Exemple 1: Arrete de tourner autour du pot, appelle un chat un chat : tu as rate ton examen.
Exemple 2: En management, il faut parfois appeler un chat un chat et dire clairement a un collaborateur que ses resultats sont insuffisants.
Exemple 3: Entre nous, on peut appeler un chat un chat : ce gâteau est vraiment rate.
Exemple 4: Le journaliste, connu pour appeler un chat un chat, a qualifie la mesure de demagogique sans ambages.
Exemple 5: '- Tu penses qu'il a menti ? - Sans hesiter. Appelons un chat un chat, c'est un menteur.'
