Cette expression decrit une reaction de colere soudaine, disproportionnee et generalement passagere. Elle implique une susceptibilite excessive, ou la personne se sent offensee par une remarque anodine ou un geste insignifiant. L'image evoque une irritation instantanee, comparable a la reaction a la piqure d'une mouche. Elle est souvent utilisee pour souligner le caractere excessif ou irrationnel de la reaction.
L'expression 'prendre la mouche' emerge dans la langue francaise au XVIIe siecle, une periode riche en creations metaphoriques. Son origine est liee a l'observation du comportement des chevaux et du betail. A cette epoque, les animaux, particulierement les chevaux, etaient omnipresents dans la vie quotidienne, urbaine et rurale. On remarquait qu'un cheval pique soudainement par une mouche ou un taon pouvait avoir un sursaut violent, un mouvement de tete brusque et imprévisible, voire s'emballer. Cette reaction nerveuse et disproportionnee a la stimulation minuscule de l'insecte a servi de modele pour decrire une humeur humaine. Le verbe 'prendre' est ici utilise dans son sens ancien de 'saisir', 'etre saisi par', comme dans 'prendre peur' ou 'prendre froid'. L'expression s'est donc construite sur l'analogie entre l'animal irrite par la piqure et l'etre humain irrite par une parole. Elle figure deja dans le 'Dictionnaire de l'Academie francaise' de 1694, preuve de son integration rapide. Au fil du temps, le lien direct avec le monde equin s'est estompe, mais l'image de la reaction vive et passagere a une nuisance mineure est restee tres vivante dans l'usage.
Il a pris la mouche quand je lui ai fait une remarque sur sa nouvelle coupe de cheveux.
Ne prends pas la mouche, c'etait juste une suggestion pour ameliorer le rapport.
A table, mon frere a pris la mouche parce qu'on a plaisante sur son equipe de foot preferee.
Elle prend souvent la mouche, mais sa colere retombe aussi vite qu'elle est venue.
- Tu as oublie d'acheter le pain? - Oh la, ne prends pas la mouche, je vais y aller maintenant!
